Chapitre 13

13

 

La cabine de Langelot était absolument identique à celle de ses vingt-neuf camarades. Une couchette, une tablette, une chaise, un placard, un lavabo.

Il y entra, habillé de vêtements et de sous-vêtements appartenant à l’école, sans porter sur sa personne un seul objet qui lui fût familier. En effet, tous les stagiaires s’étaient débarrassés de leurs affaires à l’entrée de la douche qu’ils venaient de prendre, et, à la sortie, ils avaient été pourvus d’effets neufs et étrangers.

Plus rien, à l’école du S. N. I. F., ne devait leur rappeler leur véritable personnalité.

Langelot inspecta rapidement le placard, le lit, la tablette du lavabo. Tout avait été prévu jusqu’aux moindres détails. Tout était anonyme, confortable, pratique, indifférent.

« Eh bien, c’est pas mal, quoi ! dit Langelot à haute voix. Je me demande si c’est vraiment truffé de micros, comme Montferrand avait l’air de le dire. C’est peut-être du bluff. Dans le fond, je crois que c’est plutôt du bluff… »

Une voix de femme, un peu rauque, un peu traînante, lui répondit :

« Vous vous trompez, mon petit Pichenet. Ce n’est pas du bluff. »

Il se retourna brusquement. Il n’y avait que lui dans la cabine. À moins que, sous la couchette… Ou dans le placard… Il alla regarder et entendit un petit rire étouffé.

« Je ne vous ai pas encore trouvée, dit-il distinctement, mais, en tout cas, je sais ce que je voulais savoir. Je ne voudrais pas que vous croyiez que j’ai l’habitude de parler tout seul… »

Il n’y eut pas de réponse. Langelot commença à examiner les murs. Il n’eut pas grand mal à découvrir, au-dessus de la couchette, une petite ouverture circulaire pratiquée dans le mur et fermée par une grille serrée. À n’en pas douter, c’était de là que venait la voix : un haut-parleur avait été placé derrière.

Le microphone, qui permettait à son interlocutrice de l’entendre, ne se laissa pas découvrir aussi facilement. Après quelques recherches du côté du placard et du lavabo, Langelot renonça.

« Pas trouvé ! annonça-t-il. Une manche pour vous. »

La voix féminine reprit :

« Vous êtes bien combatif, monsieur Pichenet !

— Madame, le colonel a dit que nous avions le droit de nous défendre, que toutes les ruses nous étaient permises. Je vous avertis loyalement : si je trouve votre micro, je lui tords le cou.

— Ne vous énervez donc pas. Je veux bien jouer avec vous, mais il faut que vous respectiez une règle, autrement vous nous ferez avoir des ennuis avec les financiers. Débranchez tous les micros que vous trouverez, c’est de jeu. Mais ne cassez rien. D’accord ?

— Marché conclu. Je suppose que c’est à madame Ruggiero que j’ai l’honneur de parler ?

— Elle-même, monsieur Pichenet.

— Eh bien, madame Ruggiero, vous avez intérêt à m’apprendre au plus vite à débrancher un micro sans l’abîmer ! »