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Le colonel Moriol était à peine entré au bar des stagiaires qu’un officier du chiffre se présenta à lui.
« Mon colonel, dit-il, nous venons de décoder ceci. »
Moriol prit le message et lut :
Autorité origine : Snif.
Destinataire : Colonel commandant école S. N. I. F. Extrême-Urgent. Très secret.
S. D. E. C. E. communique : services de renseignement ennemis au courant existence école S. N. I. F. à bord ex-navire de guerre français. Cotation renseignement : C/1.
Moriol fronça les sourcils et réfléchit quelques instants. Puis il appela Montferrand :
« Lisez ça. »
Montferrand lut en suçant sa pipe d’un air méditatif.
« C’est tout de même vexant que ce soit la Sdèke, notre concurrent, qui nous mette en garde ! remarqua-t-il.
— N’ayez pas l’esprit de boutons, fit sèchement Moriol. L’important c’est que nous ayons le renseignement. Et à temps. Vous ne trouvez pas la cotation curieuse ?
— Pas tant que ça. La source n’est pas certaine, mais si la source elle-même est au courant, il est certain que les services adverses le sont aussi.
— Exact. Et maintenant… Vous connaissez la maison mieux que moi, Montferrand. Que pouvons-nous faire ? »
Montferrand ôta sa pipe de sa bouche.
« Rien, dit-il. Rien qu’attendre et voir venir… »